L’un des marqueurs les plus significatifs de cette évolution vient d’Europe. Amundi, premier gestionnaire d’actifs européen, a lancé une classe d’actions tokenisée d’un fonds monétaire en euros en s’appuyant sur une infrastructure de registre distribué, avec CACEIS comme infrastructure de conservation et de règlement.
On n’est plus face à un simple “pilote blockchain”, mais à un véritable produit intégré à la chaîne industrielle de la gestion d’actifs. La classe d’actions est inscrite directement sur un registre distribué, ce qui permet :
- une tenue de registre transparente et en temps quasi réel ;
- des flux de souscription et de rachat plus fluides ;
- un fonctionnement en 24/7, aligné sur les usages numériques des nouveaux investisseurs.
L’objectif est double : moderniser l’infrastructure opérationnelle, tout en attirant une génération d’investisseurs déjà familiers des rails numériques, des stablecoins et des interfaces Web3.
Ce mouvement confirme que la tokenisation n’est plus uniquement portée par les start-up crypto : elle devient un levier stratégique assumé par les grands groupes financiers.
Un marché RWA en hypercroissance
Les chiffres confirment cette dynamique. En 2025, la valeur des actifs réels tokenisés est passée d’environ 15 milliards de dollars à plus de 35 milliards. Cette croissance est tirée par plusieurs segments :
- fonds monétaires ;
- prêts hypothécaires ;
- obligations et dette privée ;
- créances et crédits structurés.
Plusieurs réseaux de registres distribués, spécialisés ou généralistes, se positionnent comme infrastructures de référence pour ces produits à destination des investisseurs institutionnels.
Mais cette croissance n’est pas qu’une question de volumes. Le périmètre des actifs concernés s’élargit rapidement :
- immobilier,
- matières premières,
- crédits carbone,
- actions,
- produits structurés,
- et désormais fonds monétaires en euros.
Pour les émetteurs, l’enjeu n’est plus de “tester la blockchain”, mais de repenser la chaîne de valeur :
- réduction des frictions opérationnelles ;
- règlements accélérés ;
- automatisation des flux via smart contracts ;
- données plus granulaires et plus exploitables pour le reporting et le pilotage des risques.
L’Europe, laboratoire de la finance tokenisée
L’Europe joue un rôle central dans cette transformation. Plusieurs dynamiques se conjuguent :
- Des régulations comme MiCA et les régimes pilotes DLT apportent un cadre plus clair pour l’émission et la circulation de titres financiers tokenisés.
- Des juridictions clés (Luxembourg, France, Allemagne) adaptent progressivement leur droit des titres et des fonds pour intégrer la représentation on-chain des instruments financiers.
Les grands dépositaires européens déploient des architectures hybrides combinant :
- registres traditionnels ;
- registres distribués (DLT) ;
- wallets institutionnels ;
- services de conservation numérique ;
- capacités de règlement quasi continu.
Cette approche “phygitale” permet de respecter les contraintes réglementaires existantes, tout en captant les bénéfices opérationnels du registre distribué.
Pour des acteurs comme DEMETER NEXUS et OVOCHAIN, cela ouvre un espace d’innovation sur les couches :
- d’infrastructure (réseaux, smart contracts, sécurité) ;
- d’orchestration (workflows, automatisation, gouvernance des droits) ;
- d’intégration (interopérabilité avec les systèmes bancaires, dépositaires, PMS, etc.).
De la simple tokenisation à la tokenisation avancée
Tokeniser un actif ne se résume plus à “émettre un token” représentant un titre. La tokenisation avancée repose sur une approche globale, à la croisée de la finance, de la technologie et de la conformité.
1. Multi-actifs et multi-chaînes
Les plateformes institutionnelles doivent désormais :
- gérer différents types d’actifs (fonds, dettes, actions, immobilier, crédits carbone, actifs logistiques, etc.) ;
- opérer sur plusieurs réseaux (L1, L2, sidechains, réseaux permissionnés), tout en offrant une expérience unifiée aux utilisateurs.
Cette complexité suppose une abstraction forte de l’infrastructure, afin que les institutions puissent se concentrer sur leurs produits et leurs clients, et non sur la gestion des chaînes.
2. Programmabilité des actifs
Grâce aux smart contracts, les actifs tokenisés deviennent programmables. Il devient possible d’automatiser :
- les distributions (dividendes, coupons, intérêts) ;
- les calendriers de paiement ;
- certaines clauses de gouvernance ;
- les mécanismes de collatéralisation ou de rachat.
Ces logiques, exécutées de manière transparente et auditable, ouvrent la voie à :
- des produits plus sophistiqués, combinant finance traditionnelle et finance décentralisée à vocation institutionnelle ;
- une intégration fluide avec la finance embarquée (embedded finance) et les nouvelles plateformes B2B ou B2C.
3. Conformité intégrée by design
Pour les institutions, la conformité n’est pas une option. KYC/AML, restrictions de distribution, listes blanches, reporting réglementaire : tous ces éléments doivent être intégrés au cœur de l’infrastructure, et non ajoutés comme une “couche” externe.
Une architecture de tokenisation avancée doit donc :
- gérer les identités et les droits d’accès ;
- appliquer des règles de distribution selon les profils d’investisseurs et les juridictions ;
- faciliter la production de reportings réglementaires fiables, horodatés, traçables.
4. Sécurité de nouvelle génération
À mesure que le volume et la durée de vie des actifs tokenisés augmentent, la sécurité devient stratégique :
- résilience cryptographique, y compris face aux futures menaces quantiques ;
- gouvernance et gestion des clefs à l’échelle institutionnelle ;
- supervision technique continue (monitoring, alerting, audit trails).
Les plateformes doivent être capables de supporter des environnements critiques, soumis à des obligations strictes de disponibilité, de confidentialité et d’intégrité des données.
C’est précisément sur cette convergence entre finance, infrastructure et conformité que se situe la proposition de valeur de la technologie DeDNA d’OVOCHAIN : fournir des briques capables de supporter des cas d’usage institutionnels régulés, à fort enjeu de sécurité, tout en restant interopérables avec l’écosystème Web3.
OVOCHAIN dans l’écosystème RWA
Pour les institutions financières, la question n’est plus : “Faut-il expérimenter la tokenisation ?”, mais plutôt :
“Comment l’industrialiser, à coût maîtrisé et avec un niveau de risque acceptable ?”
Les attentes portent autant sur la robustesse des infrastructures que sur leur capacité à s’intégrer dans les systèmes existants (core banking, back-office titres, systèmes de gestion de portefeuille, infrastructures de marché, etc.).
Les solutions de type OVOCHAIN répondent à cette demande en apportant :
- Des architectures distribuées résilientes, adaptées à des environnements critiques soumis à des exigences réglementaires élevées.
- Une gestion fine des droits, des accès et des flux de données, permettant de concilier confidentialité, ségrégation des informations et transparence nécessaire aux régulateurs et auditeurs.
- Une interopérabilité avec les standards actuels et émergents , afin d’éviter les effets de verrouillage technologique.
Une approche orientée “use cases”, couvrant notamment :
- fonds tokenisés ;
- créances et financements structurés ;
- actifs logistiques ou industriels ;
- produits structurés et solutions de financement d’infrastructures.
Dans un contexte où banques, asset managers et grandes entreprises cherchent à passer de la POC au déploiement industriel, cette approche infrastructurelle et modulaire devient un avantage décisif.
Perspectives 2026 : vers une finance intelligente et efficiente
Les signaux de marché convergent :
- les grandes institutions financières considèrent désormais la tokenisation comme un axe stratégique pour moderniser leurs systèmes ;
- la pression sur les coûts opérationnels et les exigences de transparence poussent à l’adoption de registres distribués ;
- la demande d’offres plus flexibles, plus rapides et plus personnalisées favorise les architectures programmables.
À l’horizon 2026, la finance programmable pourrait devenir la norme, avec :
- des actifs nativement digitaux, interopérables entre plusieurs plateformes ;
- des flux de règlement-livraison quasi instantanés ;
- des produits financiers modulaires, assemblés et opérés via des smart contracts ;
- une meilleure intégration entre finance traditionnelle, finance décentralisée à vocation institutionnelle et finance intégrée.
Dans ce paysage en recomposition, les acteurs capables de fournir une infrastructure de tokenisation avancée, sécurisée, conforme et interopérable – comme DEMETER NEXUS – joueront un rôle clé dans le passage à l’échelle institutionnelle de la finance.
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